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Introduction

‘Aïd al Adha (fête du sacrifice) communément appelé ‘Aïd el Kébir (grande fête), cet événement implique l’immolation d’un animal commémorant le sacrifice par Abraham d’un bélier que Dieu Exalté envoya, afin de racheter celui de son fils Ismael. Ce rite s’accomplit le 10,11 ou 12 du mois de Dhoul Hijja, il annonce la fin de l’état de sacralisation (ihram) du pèlerin. Pour ceux qui n’accomplissent pas le pèlerinage à la Mecque, cette fête est marquée par une prière communautaire, suivie du sacrifice

 

Historique

Abraham quitta son peuple après avoir essayé de lui faire entendre raison, d’abandonner l’idôlâtrie.
Il dit :”Je retourne à Mon Seigneur. C’est Lui qui me dirigera. Seigneur, supplia-t-il, fais-moi don d’une (progéniture) d’entre les vertueux”. (37: 99,100)

Abraham partit en compagnie de son épouse Sarra. Tous deux avancés en âge n’avaient pas encore d’enfant qui assurerait la descendance, Sarra se sachant stérile et désirant le bonheur d’Abraham lui offrit sa servante Agar (Hajar) l’égyptienne. Il consentit et de cette union naquit Ismael.
Dieu Exalté dit: “Nous lui annonçâmes qu’il aurait un fils d’une grande douceur de caractère”. (37: 101)
Sur ordre de Dieu, Abraham installa Hajar et son enfant (Ismael) dans la vallée aride de Mecca, puis s’en retourna rejoindre Sarra en Palestine. Plus tard Abraham qui aimait énormément son fils lui rendit visite. Une nuit dans son sommeil, Abraham eut un songe: (D’après Ben ‘Oumair:”Le rêve du Prophète est une révélation ou une inspiration.”)
“Ô! mon fils, j’ai vu en songe que je devais t’offrir en sacrifice”.

Abraham interrogea son fils: “Qu’en penses-tu?” (37: 102)
Ismael lui répondit: “ Ô mon cher père,fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants.” (37: 102)

Ismael accepta son sort avec sincérité et résignation. Ce fut une soumission totale à la volonté d’Allah Exalté soit-Il, le père sacrifiant le fils et le fils acceptant le martyr. Ce fut pour Abraham une épreuve douloureuse que nul homme n’aurait pu supporter, sacrifier son fils unique. Mais cette souffrance ne triompha pas sur sa foi, il était fidèle et rien ne pouvait le détouner de l’amour qu’il portait à son Créateur, Celui- là même qui l’honora par la naissance d’ Ismael.
Satan (Iblis) fut affligé par leurs résolutions. Il tenta à maintes reprises de les en dissuader mais en vain. Parmi les rites du pélerinage à la Mecque, les stèles de Mina lapidées symbolisent les tentatives de Satan à l’encontre d’ Abraham l’incitant à renoncer à sa promesse.
Dieu Exalté dit: “ Ils s’étaient résignés et Abraham lui avait déjà couché le front contre terre”. (37:103)

Mais au moment crucial du sacrifice, une voix se fit entendre, Abraham fut pris d’une grande frayeur:
Dieu Glorifié dit: “Ô! Abraham, Tu as confirmé la vision.” (37:104,105)

Allah Exalté,satisfait par cette obédience, intervint par l’intermédiaire de l’Ange Gabriel (Jibril) mettant à la disposition d’Abraham un bélier d’origine céleste, remplaçant ainsi l’objet du sacrifice.
“Nous rachetâmes l’enfant contre une victime de grande valeur”.
(37:107)


C’est ainsi qu’Allah Exalté étend Sa miséricorde sur les gens de bien, éloignant d’eux le malheur et offrant une issue favorable à leurs affaires.
Dieu Exalté dit: “Allah tirera toujours d’affaire celui qui Le craint et le pourvoira par des moyens qu’il ne soupçonne pas” (65: 2,3)

Dieu Glorifié dit: “C’était là une dure épreuve” (37: 106)
“Il a été parmi les croyants fidèles”. (37: 111)

Allah Exalté approuva sa conduite, plus tard Il lui annonça la venue d’un autre fils, d’après les livres anciens Abraham était alors âgé de 99 ans.
“ Nous lui annonçâmes (à la femme d’Abraham) qu’elle donnerait le jour à Isaac et qu’Isaac aurait lui-même un fils, Jacob”. (11: 71)

Aujoud’hui, les pélerins se rendent à la montagne de Mina à l’endroit même où Gabriel donna le bélier à Abraham et renouvellent ainsi son geste jusqu’au jour du jugement dernier.
“Et Nous perpétuâmes son renom dans la postérité.” (37: 108)

“La paix soit avec Abraham”. (37:109)

 

Le sacrifice: un rappel

C’est en souvenir de cette soumission, de cette foi qui ne connaît pas le doute, une foi ferme et constante que le Prophète (p&s) institua cette fête la deuxième année de l’hégire. C’est en la mémoire d’un homme pieux et résigné, Abraham le patriarche du monothéisme, messager divin (rasulou lallah) appelé aussi l’Ami intime de Dieu (Khalilou Allah), qu’aujourd’hui tous les musulmans, le matin de l’Aïd el Adha ,se rendent à la mosquée afin d’effectuer la prière de l’Aïd en commun. Ensuite, ils s’en retournent chez eux pour le sacrifice qui rappelle que Dieu Exalté n’abandonne jamais Son serviteur lorsqu’il Lui est entièrement dévoué et que quiconque agira comme Abraham, Dieu Exalté le récompensera comme Il récompensa Abraham.

 

Qui peut accomplir le sacrifice?

Tout musulman qui en a les moyens, d’après Abu Huraira, le Prophète (p&s) a dit: “Quiconque a les moyens de faire un sacrifice et qu’il ne le fait pas, qu’il s’abstienne de faire la prière avec nous.”(al Hakim)
En général, le sacrifice est accompli par le chef de famille en son nom et au nom de ceux qui sont à sa charge.
Du vivant du Prophète (p&s), dit Abou Ayoub l’Ançarite, le chef de famille sacrifiait la bête aussi bien pour lui que pour les membres de sa famille.” (Tirmidy)

Si l’homme fait défaut, la femme peut demander que le sacrifice soit pratiqué par un parent ou par l’ Imam de la mosquée locale, mais il est aussi possible à une femme de s’en acquitter elle-même. Toute personne mâle ne se sentant pas capable d’effectuer le sacrifice pour diverses raisons peut en charger une autre de son choix.

 

Conditions du sacrifice 

  1. Le sacrifice doit s’accomplir après la prière de l’Aïd.
    Le Prophète (p&s) a dit: “ Qui s’est empressé de sacrifier avant la prière, doit refaire son sacrifice.” (Bukhari&Muslim)
  2. Le sacrifice doit s’accomplir après que l’Imam qui a présidé la prière l’ait lui-même acompli.
  3. La bête doit être valide et saine, exempte de tout vice. Rapporté par les sunnans:

Le Prophète (p&s) a dit: “ Quatre bêtes ne remplissent pas les conditions d’un sacrifice. La borgne, la bête malade, la bête boiteuse, la bête étique (très maigre)”.


La bête à sacrifier peut être:
Un mouton: âgé de plus de 6 mois.
Un bovin (vache): âgé de 2 ans révolus.
Un caprin (chèvre): âgé d’1 an révolu.
Un chameau: âgé de 4ans révolus.

 

Comment se pratique le sacrifice?

La pratique du sacrifice s’accomplit selon les règles du sacrifice rituel qui nous ont été enseigné par le Prophète (p&s), c’est celle qui est agrée Par Allah et celle qui est la moins éprouvante pour la bête. Elle se déroule de la manière suivante:
On allonge la bête sur son côté gauche en direction de la Mecque. On prononce l’intention rituelle (an-niya) suivie de la formule Bismillah, Allahou Akbar. Dieu Exalté dit: “Ne touchez pas aux viandes sur lesquelles le nom de Dieu n’a pas été prononcé. Ce serait défier le Seigneur”. (6: 121)
Ensuite muni d’un couteau bien aiguisé, on tranche la gorge de l’animal d’un seul coup, trachée-artère et veine jugulaire comprise sans lever la main et on attend que la bête soit vidée de son sang. D’après Ibn ‘Omar que Dieu l’agrée, le Prophète (p&s) ordonna d’aiguiser les lames et de les dissimuler au regard des bêtes et il dit:
“Dieu a prescrit la charité en toute chose. Si vous abattez (un animal), veuillez le faire soigneusement. Et si vous immolez de même. Aiguisez votre lame et étendez la bête à égorger. (Muslim)
“Si quelqu’un s’apprête à immoler, qu’il le fasse promptement”.
(ibn Maja)

Il est défendu de maltraiter l’animal: le Prophète (p&s) a dit:
“Dieu mutilera, au jour de la résurrection, quiconque mutile un être vivant sans s’en repentir.” (Ahmed)

 

Que faire de la bête sacrifiée?

Dieu Glorifié dit: “Mangez-en et distribuez-en tant à ceux qui s’abstiennent de mendier, qu’à ceux qui le font. Nous vous avons assujetti ces animaux, peut-être en seriez-vous reconnaissants. Ni leur chair, ni leur sang ne parviennent à Dieu. Seule votre piété comptera pour Lui.” (22: 37)

Le Prophète (p&s) a dit: “Mangez-en, conservez-en et faites-en l’aumône”. (Bukhari&Muslim)
Le Prophète (p&s) insistait sur la distribution de la bête sacrifiée aux nécessiteux et ceci d’après Aïcha qui a rapporté:
“Nous salions une partie des chairs des victimes et nous la portions au Prophète à Médine. “N’en mangez que pendant trois jours”, nous dit-il. Ce n’était pas une prohibition de sa part, mais il voulait, si je ne me trompe, s’en servir pour nourrir des pauvres.” (Bukhari)

 

Mérites du sacrifice.

Les compagnons du Messager de Dieu (p&s) lui demandèrent:
“ Ô! Messager de Dieu, que représentent les sacrifices?”
Il dit: “ C’est la tradition de votre patriarche Abraham, que Dieu le bénisse et le salue”.
“Que nous rapportent-ils?” Il dit: “Une bonne action pour chaque poil (de la bête)”.
“Et qu’en est-il de la laine”?
“Vous avez pour chaque fil de laine, une bonne action”.
(Ibn Maja&al-Hakim)

D’après Aïcha que Dieu Exalté l’agrée , le Prophète (p&s) a dit:
“Il n’y a pas meilleure action, le jour du sacrifice (pour Dieu) que l’immolation des offrandes.…” (at-Tirmidhi)
D’après ‘Ali que Dieu l’agrée, le Prophète (p&s) a dit: “Ô! gens, faites le sacrifice et ayez l’espoir d’être récompensés pour son sang. Même s’il coule sur la terre, son sang est dans un abri auprès de Dieu (à Lui la Puissance et la Gloire).”
D’après al-Husayn Ben ‘Ali que Dieu l’agrée, le Prophète (p&s) a dit: “Quiconque fait le sacrifice de bon cœur et dans l’espoir d’en être récompensé pour Dieu Exalté, en sera séparé de l’Enfer.”
(at-Tabarani)


 

 

Conclusion

Cet événement constitue une tradition (sunna) du Prophète (p&s), elle doit rester vivante, tant pour sa force symbolique, que dans sa pratique. C’est pourquoi il incombe aux parents non seulement d’intègrer ce rite dans l’éducation religieuse des jeunes musulmans, mais aussi de les impliquer de manière concrète dans l’acte proprement dit, afin qu’ils y soient préparés l’heure venue et ainsi perpétuer la tradition. En effet, loin des campagnes nous constatons les effets de la vie urbaine sur la sensibilité des individus, nombreux sont ceux dont la vue du sang répugne et pour qui égorger un animal frise la barbarie ou la cruauté. Nous avons que trop l’habitude de voir la viande à l’étalage, jusqu’à oublier qu’avant de tomber dans nos assiettes, elle était bel et bien sur pattes.
Beaucoup ont avancé l’impossibilité de pratiquer cette sunna dans nos villes pour divers motifs, mais fort heureusement grâce à Dieu Glorifié soit- IL, la collaboration des responsables communaux, par leurs services et leurs moyens matériels mis à notre disposition contribue à nous faciliter la tâche pour le bon déroulement de ce jour mémorable. Nous leur en sommes reconnaissants et il est de notre devoir de respecter les modalités d’hygiène et autres qui nous sont aimablement proposées.

Dieu Exalté dit: “ Prie et sacrifie.”
Dis: ma prière, mes sacrifices, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, Maître de l’univers, sans associé. (6: 162)

 

 

 

Ref: “L’INTERPRETATION DU CORAN: Ibn Kathir
éd.: Dar el Fikr.
  LA VOIE DU MUSULMAN: Aboubaker Djaber El Djazaïri.
éd.: ASLIM.
  AL-MOUQADDIMA AL-‘IZZIA: Abou Al-Hassan Ali Al-Maliki Al-Chadhili.
éd.: Dar El Fikr.
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