Les agriculteurs, en plus des éducateurs

0

Agriverde compte aujourd’hui 54 salariés, 37 jardiniers (dont pas moins de 30 % de personnes démunies), 5 employés administratifs, treize agents de réinsertion. « Nous sommes tous doublement formés, des éducateurs sociaux ou bien-être avec des compétences en jardinage, des agronomes formés au bien-être psychologique, aux budgets santé, au handicap avec un encadrant qui coordonne les travaux », précise Raphaël.

Lorsque la coopérative est née, Michele Filippi souhaitait que ce soient des jardiniers et non des éducateurs qui y travaillent – embnet.be/, « pour une question d’identité. Ceux qui sont venus travailler ici n’étaient pas dans un centre de santé mentale ou une garderie mais dans un bureau», explique Raphaël qui, comme tous ses collègues, a un contrat agricole et non celui des coopératives sociales. Un choix de crédibilité puisqu’ils sont responsables d’une coopérative qui offre le soin et l’entretien des espaces verts.

Difficultés au cours de la pandémie

Le secteur agricole propose un contrat saisonnier à durée déterminée, renouvelable systématiquement chaque année. Il y a un certain nombre de jours par an pendant lesquels l’employeur et l’employé sont obligés de travailler, puis il est possible de travailler davantage si l’entreprise en a besoin et que l’employé est disponible. « Ce type de contrat plus flexible a facilité notre placement – explique Raphaël – car les personnes qui ont des problèmes de santé mentale ont souvent le problème de ne pas être soignées, de ne pas avoir la flexibilité d’être présentes tous les jours ou d’arriver à l’heure »

  • Le secteur agricole a été l’un des rares à ne jamais fermer pendant le confinement, à Agriverde ils se sont arrêtés pendant environ 15 jours, mais ont ensuite repris le travail, avec toutes les difficultés du moment et en adoptant les mesures de sécurité requises.
  • Les stages de coaching et le centre socioprofessionnel ont en revanche été fermés, même si chacun a essayé de maintenir vivante la relation avec les stagiaires, pour qu’ils se sentent vraiment suivis en tout cas.
  • « Avec mes collègues, nous nous sommes demandés s’il fallait ou non travailler la terre ou attendre, s’il fallait ou non aller acheter les plants ou laisser le secteur à lui-même – raconte Raphaël – Pour garder la continuité pédagogique, nous avons décidé d’aller travailler tous les jours, mais en modifiant la construction organisationnelle”.

De coordinateur du service de tutorat, Raphaël est ainsi devenu un “entrepreneur” agricole, identifiant avec ses collègues et ceux qui travaillaient à domicile ce qu’il devait produire chaque jour. « Chaque jour, j’allais sur le terrain, je photographiais les fleurs ou je faisais des films et je les envoyais aux stagiaires, en essayant de les contenir – continue-t-il – je leur demandais : « qu’est-ce qu’on plante cette saison ?

Que pouvons-nous collecter ?

Nous avons donc créé un circuit vertueux dans lequel ils ont été présents au sein de l’entreprise, même à distance, et nous avons maintenu un lien fort avec tout le monde”. D’un point de vue industriel, ce fut une période très enrichissante car de nombreuses personnes contactées Agriverde pour les livraisons à domicile de fruits et légumes verts.

Les agriculteurs, en plus des éducateurs

L’administration de l’urgence sanitaire, y compris les prélèvements, les examens sérologiques et les vaccins, a été coordonnée par le district de San Lazzaro qui a continuellement informé les coopératives et les crèches de la région des règles et protocoles à modifier. “Nous nous sommes sentis suivis et soutenus et je pense que c’était pareil pour nos stagiaires – dit Raphaël – La collaboration entre les différentes entreprises a renforcé l’idée selon laquelle il est important de travailler ensemble”.

  • ” Le retour à la présence a été beau, ils étaient tous heureux de se retrouver – explique Raphaël – Ce confinement nous a fait grandir ensemble, il nous a fait comprendre que nous nous aimerions et que ce contexte est utile pour créer un sentiment d’appartenance”.
  • Pour ceux qui n’ont pas pu participer activement, même à distance, Agriverde réactive des moments de socialisation, pour recommencer à regarder les autres après la période d’isolement due à l’urgence sanitaire.

Ouvert autant que le territoire

L’objectif d’Agverde pour les années à venir est « d’étendre les expériences et le réseau sur tout le territoire ». Le secteur de réadaptation est implanté à San Camillo, un lieu sûr où les éducateurs rencontrent les gens, apprennent à les connaître et à s’identifier, à créer une relation. Il y a ensuite une deuxième étape : demander à ces individus de travailler en groupe, avec des personnes différentes, avec des collègues, avec des opérateurs.

La prochaine étape est de parler confidentiellement au territoire et de quitter les murs de San Camillo.

« San Camillo est un gymnase, un lieu d’entraînement – conclut Raphaël – mais il faudra faire remonter ces expériences à la surface, car lorsqu’un individu acquiert de l’autonomie sur son territoire personnel, cela implique qu’il a acquis les capacités de s’exprimer. dans le potentiel mondial le plus pacifique, avec ses propres difficultés après tout, mais équipé des outils nécessaires pour trouver un moyen de réussir ».

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici